Le prix de l’électricité en France a augmenté de plus de 40 % depuis 2021. Une hausse brutale qui a alourdi la facture de millions de foyers, sans que le bouclier tarifaire mis en place par l’État ne compense entièrement l’impact sur le budget des ménages.
Pourtant, la plupart des foyers français payent leur électricité plus cher qu’ils ne le devraient. Non pas à cause des tarifs, mais à cause de mauvais réglages, de contrats inadaptés et d’habitudes qui gaspillent inutilement de l’énergie. En appliquant les bonnes actions dans le bon ordre, il est tout à fait possible d’économiser entre 300 et 800 € par an selon votre profil, sans sacrifier votre confort.
C’est pourquoi j’ai réuni les 17 meilleures astuces, classées par ordre de priorité, pour payer moins cher votre électricité dès ce mois-ci.
PARTIE 1 : Optimiser son contrat
C’est là que se cachent souvent les économies les plus rapides et les plus significatives. Quelques vérifications suffisent parfois à réduire votre facture de plusieurs dizaines d’euros par an, dès le mois suivant.
1. Vérifier sa puissance souscrite
Votre facture d’électricité se compose à la fois de ce que vous consommez et de ce que vous payez simplement pour être raccordé au réseau. Ce deuxième poste, c’est l’abonnement, il dépend directement de la puissance souscrite, exprimée en kilovoltampères (kVA). Plus cette puissance est élevée, plus votre abonnement est cher, indépendamment de ce que vous consommez réellement.
Le problème c’est que beaucoup de foyers sont abonnés à une puissance bien supérieure à leurs besoins.
Les valeurs les plus courantes sont 6 kVA et 9 kVA. Or, un logement sans chauffage électrique, sans voiture électrique et sans gros équipements simultanés tourne souvent très bien à 6 kVA. Pourtant, une grande partie des abonnés reste sur du 9 kVA par défaut, souvent parce que personne ne leur a jamais suggéré de vérifier.
Alors, pour savoir quelle puissance vous utilisez, rendez-vous sur votre espace personnel Enedis. Si vous avez un compteur Linky, vous pouvez y consulter votre courbe de charge et identifier votre pic de consommation réel c’est-à-dire la puissance maximale que vous avez atteinte sur les derniers mois. Si ce pic ne dépasse jamais 5 à 5,5 kVA, vous pouvez descendre à 6 kVA sans risque de coupure.
Passer de 9 kVA à 6 kVA représente une économie d’environ 80 à 100 € par an sur l’abonnement seul, selon le tarif en vigueur. De plus, la démarche est simple, puisqu’elle se fait directement auprès de votre fournisseur, sans intervention technique chez vous dans la plupart des cas.
2. Passer au tarif Heures Creuses / Heures Pleines

Le tarif Heures Creuses / Heures Pleines (HC/HP) est une alternative au tarif de base classique proposée par la plupart des fournisseurs d’électricité en France. Le principe est simple, l’électricité est moins chère pendant certaines plages horaires (les heures creuses) et plus chère le reste du temps (les heures pleines).
En général, les heures creuses se situent la nuit, entre 22h et 6h, mais ces plages varient selon les communes et les contrats. Pour connaître les vôtres avec précision, rendez-vous sur votre espace Enedis.
Toutefois, le tarif HC/HP n’est pas avantageux pour tout le monde. Il ne devient rentable que si vous parvenez à déplacer au moins 30 à 40 % de votre consommation en heures creuses. Si vous utilisez vos appareils principalement en journée sans possibilité de les décaler, vous risquez de payer plus cher qu’avec un tarif de base. Avant de basculer, vérifiez votre courbe de charge sur Enedis pour évaluer la part de votre consommation nocturne.
Pour maximiser la rentabilité, vous pouvez programmer vos appareils les plus énergivores sur les plages creuses. Le lave-linge, le lave-vaisselle et le sèche-linge peuvent être lancés en soirée grâce à leur fonction départ différé. Idem si vous êtes propriétaire d’un véhicule électrique, programmez la charge nocturne.
3. Tester l’option Tempo d’EDF
L’option Tempo est probablement la moins connue des offres tarifaires grand public en France, et pourtant l’une des plus efficaces pour réduire sa facture. Elle est proposée exclusivement par EDF et repose sur un système de trois couleurs de jours : les jours bleus, les jours blancs et les jours rouges.
Sur une année, on compte 300 jours bleus où l’électricité est très bon marché, 43 jours blancs à tarif intermédiaire, et 22 jours rouges où le prix du kilowattheure est très élevé. C’est sur ces jours rouges que se joue toute la rentabilité de l’offre : si vous parvenez à réduire fortement votre consommation ces jours-là, les économies réalisées sur les 300 jours bleus sont considérables.
Cependant, il faut savoir que les jours rouges ne tombent jamais au hasard. Ils sont concentrés en hiver, uniquement en semaine, et n’apparaissent jamais les week-ends ni les jours fériés. EDF vous prévient la veille par SMS ou via l’application, ce qui vous laisse le temps d’adapter votre consommation.
Concrètement, un jour rouge signifie ne pas lancer le lave-linge le matin, éviter de chauffer à plein régime entre 8h et 13h puis entre 18h et 20h, et décaler au maximum les usages énergivores à la soirée ou au lendemain.
Attention, l’option Tempo convient particulièrement aux foyers capables de s’organiser autour des alertes. En revanche, elle est clairement déconseillée si vous avez des contraintes horaires rigides, des personnes dépendantes à domicile nécessitant un chauffage constant, ou si votre logement est mal isolé et ne peut pas tenir en température sans chauffage électrique continu en hiver. Dans ces cas, le coût des jours rouges risque d’annuler tous les bénéfices des jours bleus.
4. Changer de fournisseur via le bon comparateur
Beaucoup de Français restent chez EDF (ou un autre) par habitude ou par crainte des démarches, sans savoir que changer de fournisseur est entièrement gratuit, sans coupure de courant et sans intervention technique chez eux. C’est votre fournisseur qui s’occupe de tout, y compris de résilier votre ancien contrat.
Avant ça, il vous faudra passer par un comparateur d’énergie pour vous aider à choisir. Là encore, allez-y avec prudence car la plupart des comparateurs en ligne sont rémunérés à la commission par les fournisseurs qu’ils mettent en avant, ce qui biaise les résultats. Le seul comparateur véritablement neutre est celui du Médiateur national de l’énergie. Il recense l’ensemble des offres du marché sans favoriser aucun fournisseur.
Parmi les alternatives sérieuses au tarif réglementé EDF, on trouve notamment Octopus Energy, arrivé en France et reconnu pour sa transparence tarifaire, ilek qui se distingue par ses offres en énergie renouvelable locale, ou encore TotalEnergies et Engie pour ceux qui préfèrent un grand groupe. L’offre la plus compétitive varie selon votre profil de consommation, d’où l’intérêt de passer par le comparateur officiel plutôt que de choisir sur la notoriété.
Enfin, gardez en tête avant de choisir que les offres à prix fixe garantissent un tarif stable sur une durée déterminée, ce qui protège des hausses mais vous prive d’une baisse éventuelle des prix. Les offres indexées suivent l’évolution du tarif réglementé, elles peuvent être moins chères quand les prix baissent, mais exposent à des hausses.
À lire : Budget : 8 pièges à éviter pour mieux gérer votre argent.
PARTIE 2 : Les aides financières que beaucoup ne demandent pas
En France, plusieurs dispositifs permettent de réduire directement sa facture d’électricité ou de financer des travaux d’économies d’énergie. Pourtant, une grande partie des ménages éligibles n’en bénéficient pas, faute d’information.
5. Demander le Chèque Énergie

Le Chèque Énergie est une aide de l’État destinée aux ménages aux revenus modestes pour les aider à payer leurs factures d’énergie ou à financer des travaux de rénovation énergétique. Son montant varie entre 48 et 277 € par an selon le revenu fiscal de référence du foyer et sa composition.
Une personne seule avec un revenu fiscal annuel inférieur à environ 10 800 € est par exemple éligible, tout comme une famille de quatre personnes dont le revenu ne dépasse pas environ 24 000 €.
En théorie, le Chèque Énergie est envoyé automatiquement par courrier aux foyers éligibles, sur la base des données fiscales transmises par la Direction générale des finances publiques. En pratique, une partie des bénéficiaires ne le reçoit pas, pour plusieurs motifs : déménagement récent, erreur administrative, changement de situation familiale.
Dans le cas où vous pensez être éligible mais n’avez pas reçu votre chèque, rendez-vous sur chequeenergie.gouv.fr pour vérifier votre situation et en faire la demande.
Une fois reçu, il peut être utilisé de deux façons. La première, la plus courante, consiste à le transmettre directement à votre fournisseur d’électricité pour régler tout ou partie de votre facture. La démarche est simple et acceptée par l’ensemble des fournisseurs. La seconde option, souvent méconnue, permet de l’utiliser pour financer des travaux de rénovation énergétique réalisés par un professionnel.
Bon à savoir : le Chèque Énergie a une date de validité. Il doit être utilisé avant le 31 mars de l’année suivant sa réception pour le paiement de factures, et avant le 31 décembre pour financer des travaux. Passé ces délais, il n’est plus valable et ne peut pas être remplacé.
6. Financer ses travaux grâce aux CEE
Les Certificats d’Économies d’Énergie, plus connus sous le sigle CEE, sont un dispositif méconnu qui permet pourtant de financer une partie significative de vos travaux de rénovation énergétique.
En somme, l’État oblige les fournisseurs d’énergie (EDF, TotalEnergies, Engie et autres) à encourager les économies d’énergie chez leurs clients. Pour remplir cet objectif, ils financent des travaux chez les particuliers en échange de certificats. Donc pour vous, cela se traduit par une prime versée directement lors de la réalisation de [travaux éligibles] (mettre lien travaux éligible) : isolation des combles, remplacement d’un chauffe-eau, installation d’une thermopompe, etc.
Les CEE doivent impérativement être demandés avant le début des travaux, une fois le chantier lancé, vous perdez définitivement le droit à cette prime. La démarche consiste à contacter un organisme agréé ou directement un fournisseur d’énergie proposant ce type de prime, à signer un devis, puis à faire réaliser les travaux par un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
À noter que les CEE sont cumulables avec MaPrimeRénov’, ce qui permet dans certains cas de couvrir une part très importante du coût des travaux. Les deux dispositifs ne financent pas les mêmes choses et sont instruits séparément, mais rien ne vous empêche de les demander simultanément pour un même projet.
Pour finir, le dispositif CEE a malheureusement donné naissance à de nombreuses arnaques, notamment autour de l’isolation à 1 €. Des entreprises peu scrupuleuses démarchent à domicile ou par téléphone en promettant des travaux quasi gratuits financés par les CEE, avant de facturer des frais cachés ou de réaliser des travaux de très mauvaise qualité. Méfiez-vous de tout démarchage non sollicité. Pour bénéficier des CEE en toute sécurité, passez par le site officiel france-renov.gouv.fr qui recense les conseillers agréés et les démarches fiables.
PARTIE 3 : L’eau chaude sanitaire
L’eau chaude sanitaire représente en moyenne 15 à 20 % de la facture électrique d’un foyer. Alors voyons comment réduire ces dépenses.
7. Mettre son chauffe-eau sur minuterie

Le chauffe-eau électrique fonctionne en maintenant en permanence un volume d’eau à température, que vous en ayez besoin ou non. La nuit, quand personne ne l’utilise, il continue de chauffer pour compenser les légères déperditions thermiques de la cuve. C’est une consommation inutile qu’une simple minuterie permet d’éliminer en programmant le chauffe-eau pour qu’il ne chauffe que pendant les plages où vous en avez réellement besoin ou pendant les heures creuses si vous êtes au tarif HC/HP.
Il faut savoir que la plupart des chauffe-eau sont réglés en usine entre 60 et 75°C, bien au-delà de ce qui est nécessaire. Une température de 55°C est largement suffisante pour un usage confortable au quotidien et permet de réduire significativement la consommation. Chaque degré en moins représente une économie directe sur l’énergie nécessaire pour maintenir l’eau à température.
Attention, descendre en dessous de 55°C n’est pas anodin. La bactérie Legionella pneumophila, responsable de la légionellose, se développe dans l’eau entre 25 et 45°C et est détruite au-dessus de 55°C. Régler son chauffe-eau trop bas (à 40 ou 45°C par exemple) crée donc un risque sanitaire.
8. Installer un chauffe-eau thermodynamique
Si votre chauffe-eau électrique classique a plus de cinq ans, le remplacer par un modèle thermodynamique est probablement l’un des investissements les plus rentables que vous puissiez faire pour réduire votre facture d’électricité.
Contrairement à un chauffe-eau classique qui utilise une résistance électrique pour chauffer l’eau directement, le chauffe-eau thermodynamique fonctionne comme une pompe à chaleur miniature.
Il puise les calories présentes dans l’air ambiant (même froid) pour chauffer l’eau, et n’utilise l’électricité que pour faire fonctionner ce système. Ainsi, pour 1 kWh d’électricité consommé, il produit l’équivalent de 3 à 4 kWh de chaleur. C’est ce qu’on appelle le coefficient de performance (COP), et c’est ce qui le rend trois à quatre fois plus efficace qu’un chauffe-eau classique à résistance.
Un foyer de quatre personnes avec un chauffe-eau classique dépense en moyenne 250 à 350 € par an en électricité pour l’eau chaude. Avec un chauffe-eau thermodynamique, cette facture tombe à 80 à 120 €. L’économie annuelle se situe donc autour de 150 à 230 € selon les profils et les tarifs en vigueur.
Toutefois, le coût d’un chauffe-eau thermodynamique se situe entre 1 000 et 2 500 € fourniture et pose comprises. Heureusement, plusieurs aides permettent de réduire significativement cet investissement :
- MaPrimeRénov’ peut couvrir une partie du coût selon vos revenus, à condition de faire appel à un installateur certifié RGE.
- La TVA est réduite à 5,5 % sur la fourniture et la pose pour les logements de plus de deux ans, contre 20 % en temps normal.
- Les CEE peuvent également être mobilisés en complément, comme mentionné au point 6.
En cumulant ces aides, le reste à charge peut être considérablement réduit et le retour sur investissement ramené à trois ou quatre ans.
PARTIE 4 : Les appareils du quotidien
Après l’eau chaude, ce sont vos appareils du quotidien qui pèsent le plus sur la facture. La bonne nouvelle c’est que la plupart des optimisations dans cette partie ne coûtent presque rien et se mettent en place en quelques minutes.
9. Remplacer les ampoules par des LED

Beaucoup de foyers ont encore des ampoules à incandescence ou des ampoules fluocompactes dans certaines pièces. Alors qu’une ampoule LED consomme jusqu’à 80 % d’électricité en moins qu’une ampoule classique à incandescence pour un éclairage équivalent, et jusqu’à 50 % de moins qu’une ampoule fluocompacte.
Pour information, la durée de vie d’une ampoule LED est d’environ 15 000 à 25 000 heures là où une ampoule classique dure environ 1 000 heures.
Je vous recommande pour la majorité des pièces de votre logement, des LED entre 2 700 et 3 000 K pour une ambiance agréable et proche de la lumière à laquelle on est habitué.
Comptez entre 3 et 10 € pour une ampoule LED selon le modèle et la puissance. Sur un logement comportant une quinzaine de points lumineux, le remplacement complet représente un budget de 50 à 100 €, amorti en quelques mois grâce aux économies générées sur la facture.
10. Éteindre les appareils en veille
La consommation en veille, souvent appelée « consommation fantôme », désigne l’électricité consommée par vos appareils lorsqu’ils sont éteints mais toujours branchés. On estime qu’elle représente en moyenne 5 à 10 % de la facture électrique d’un foyer, soit entre 50 et 100 € par an gaspillés sans aucune utilité.
Les plus gourmands en veille sont souvent ceux auxquels on pense le moins. Une box internet laissée allumée en permanence consomme entre 150 et 300 kWh par an selon le modèle, soit jusqu’à 45 € par an pour un appareil qu’on n’utilise pas la nuit. Un décodeur TV en veille consomme entre 10 et 20W en continu. Une console de jeux vidéo récente peut consommer jusqu’à 150W en mode veille active si les mises à jour automatiques sont activées.
La solution la plus simple reste la multiprise avec interrupteur : un seul geste en partant ou en allant dormir suffit à couper plusieurs appareils simultanément. Placée sous le bureau ou derrière la télévision, elle permet d’éteindre d’un clic l’ensemble d’un poste informatique ou d’un système home cinéma.
Les multiprises intelligentes vont encore plus loin. Connectées à une application sur smartphone, elles permettent de programmer des plages d’extinction automatique, de surveiller la consommation de chaque prise en temps réel et de couper à distance des appareils oubliés. Certains modèles détectent même la mise en veille d’un appareil principal (comme un ordinateur) pour couper automatiquement les périphériques qui lui sont associés.
11. Vérifier l’étanchéité de son réfrigérateur

Le réfrigérateur est l’un des rares appareils électroménagers à fonctionner 24h/24 et 365 jours par an sans jamais s’arrêter. Sa consommation dépend donc en grande partie de son efficacité à maintenir le froid à l’intérieur et le joint de porte joue un rôle central.
Un joint usé, déformé ou décollé laisse entrer de l’air chaud en permanence, forçant le compresseur à travailler davantage pour compenser.
Pourtant, il existe un moyen simple et rapide de vérifier l’état de votre joint sans aucun outil. Glissez une feuille de papier standard entre le joint et la paroi du réfrigérateur, puis fermez la porte normalement. Essayez ensuite de retirer la feuille en tirant doucement. Si elle résiste et que vous sentez une légère tension, le joint est en bon état et assure une bonne étanchéité.
Par contre si elle glisse facilement ou tombe toute seule, le joint ne fait plus son travail et laisse passer l’air. Répétez ce test sur plusieurs points du pourtour de la porte, car l’usure peut être localisée sur une seule zone.
Un joint défaillant peut augmenter la consommation du réfrigérateur de 10 à 30 % selon l’importance de la fuite. Sur un appareil qui consomme déjà 150 à 200 kWh par an, cela représente une dépense inutile de 15 à 45 € par an pour un problème qui se règle en moins d’une heure.
En effet, remplacer un joint de réfrigérateur est une opération accessible sans compétence technique particulière. Les joints se commandent directement auprès du fabricant ou sur des sites spécialisés en pièces détachées électroménager, en renseignant la référence de votre modèle. Le coût se situe généralement entre 10 et 30 € selon la marque et la taille. La pose consiste simplement à encastrer le nouveau joint dans la rainure prévue à cet effet, sans vissage ni colle.
12. Éviter d’utiliser le sèche-linge trop souvent
Un cycle standard pour un sèche-linge consomme entre 2 et 4 kWh selon le modèle et la charge, ce qui représente un coût de 0,40 à 0,80 € par cycle au tarif réglementé actuel. Pour une famille qui lance quatre cycles par semaine, la facture annuelle liée au seul sèche-linge peut atteindre 150 à 200 €.
C’est pourquoi sécher son linge à l’air libre reste la solution la plus économique. En été, un étendoir extérieur suffit à sécher une machine en quelques heures. En hiver ou en appartement, un étendoir intérieur placé dans une pièce bien ventilée fonctionne très bien pour la majorité des textiles. Seuls les articles épais comme les serviettes ou les jeans peuvent nécessiter plus de temps, mais ils peuvent être finis au sèche-linge sur un cycle court plutôt que d’y passer intégralement.
Pour finir, quand l’usage du sèche-linge est inévitable, quelques ajustements permettent de réduire sa consommation. Essorez votre linge au maximum avant de le transférer. Plus le linge entre sec dans le tambour, moins le cycle sera long et énergivore.
13. Utiliser le programme éco sur les appareils électroménager
La plupart des lave-linge et lave-vaisselle vendus en Europe depuis 2021 affichent obligatoirement leur consommation sur la base du programme éco. C’est le programme de référence retenu par la réglementation européenne pour mesurer l’efficacité énergétique des appareils.
Autrement dit, les fabricants eux-mêmes reconnaissent que c’est le cycle le plus économe. Pourtant, il reste largement sous-utilisé par les consommateurs, qui lui préfèrent souvent les programmes rapides ou intensifs par habitude.
Pour faire simple, le programme éco chauffe l’eau à une température plus basse et compense en laissant tremper le linge ou la vaisselle plus longtemps, ce qui permet aux enzymes du détergent d’agir efficacement sans chaleur excessive. Moins de chauffe, c’est moins de consommation même si le cycle dure deux fois plus longtemps.
Sur un lave-linge, passer systématiquement au programme éco permet de réduire la consommation du cycle de 30 à 50 % par rapport à un programme coton à 60°C. Sur un lave-vaisselle, le programme éco consomme en moyenne 20 à 40 % moins d’électricité qu’un programme standard. Pour un foyer qui lance cinq à six cycles par semaine entre les deux appareils, le gain annuel peut représenter 40 à 80 € sur la facture.
14. Dégivrer régulièrement le congélateur
Le givre qui s’accumule à l’intérieur d’un congélateur n’est pas qu’une question d’esthétique. C’est une couche isolante qui s’interpose entre l’air à refroidir et l’évaporateur, obligeant le compresseur à travailler davantage pour maintenir la température souhaitée. Une couche de givre de seulement 3 mm suffit à augmenter la consommation de l’appareil de 30 %.
Là-dessus, tous les congélateurs ne sont pas logés à la même enseigne. Les modèles récents équipés de la technologie No Frost disposent d’un système de dégivrage automatique intégré. En revanche, les congélateurs classiques accumulent du givre naturellement et doivent être dégivrés manuellement une à deux fois par an.
Pour dégivrer c’est assez simple mais ça demande un peu d’organisation. Commencez par transférer les aliments congelés dans des sacs isothermes pour les préserver. Débranchez ensuite l’appareil et placez des serviettes ou une bassine au sol pour récupérer l’eau de fonte. Laissez la porte ouverte et attendez que le givre fonde naturellement, comptez deux à quatre heures selon l’épaisseur.
N’utilisez jamais d’objet pointu ou tranchant pour accélérer le dégivrage, au risque d’endommager le circuit frigorifique. Une fois le givre entièrement fondu, essuyez soigneusement l’intérieur avant de rebrancher l’appareil.
15. Nettoyer régulièrement les filtres et condenseurs de ses appareils

Un appareil mal entretenu consomme plus. La poussière, le calcaire et les résidus qui s’accumulent sur les pièces clés de vos électroménagers réduisent leur efficacité et les forcent à travailler davantage pour obtenir le même résultat. L’entretien régulier de ces appareils ne prend que quelques minutes et peut représenter une économie significative sur le long terme.
Le sèche-linge est l’appareil le plus sensible à cet égard. Son filtre à peluches doit être nettoyé après chaque cycle, un geste de dix secondes qui suffit à maintenir une bonne circulation de l’air chaud dans le tambour. Un filtre encrassé rallonge la durée du cycle et augmente la consommation inutilement. Le conduit d’évacuation mérite quant à lui un nettoyage approfondi une à deux fois par an pour éviter toute accumulation qui pénalise le rendement.
Le réfrigérateur possède un condenseur situé à l’arrière ou en dessous de l’appareil, composé de grilles métalliques qui évacuent la chaleur produite par le compresseur. Avec le temps, ces grilles s’encrassent de poussière et empêchent une bonne dissipation thermique, forçant le moteur à surchauffer et à consommer davantage. Un passage d’aspirateur ou d’une brosse longue une à deux fois par an suffit à maintenir son efficacité.
Le lave-vaisselle est également souvent négligé sur ce plan. Son filtre, situé en bas de la cuve, accumule les résidus alimentaires et doit être rincé toutes les deux à quatre semaines selon la fréquence d’utilisation.
Enfin, le chauffe-eau électrique mérite un détartrage annuel. Le calcaire s’accumule sur la résistance et forme une couche isolante qui oblige l’appareil à consommer davantage pour atteindre la température souhaitée. Un détartrage réalisé par un plombier ou en autonomie une fois par an suffit à maintenir l’efficacité de l’appareil et à prolonger sa durée de vie.
PARTIE 5 : Produire sa propre électricité
Les astuces précédentes permettent déjà de réduire significativement votre facture d’électricité. Mais si vous souhaitez aller encore plus loin, je vous propose les deux dispositifs suivants.
16. Installer des panneaux solaires en autoconsommation

L’autoconsommation solaire consiste à produire sa propre électricité grâce à des panneaux photovoltaïques installés sur le toit, et à l’utiliser directement pour couvrir ses besoins.
Ce qui était encore un investissement réservé aux foyers les plus aisés il y a quelques années est devenu progressivement accessible, grâce à la baisse significative du coût des équipements et à la simplification des démarches administratives en France depuis 2023.
Pour une installation de 3 kWc, une puissance adaptée à une maison individuelle consommant entre 3 500 et 5 000 kWh par an, le coût se situe entre 7 000 et 12 000 € fourniture et pose comprises, selon la complexité de la toiture et l’installateur choisi. Des aides existent pour réduire cet investissement comme la TVA réduite à 10 % pour les installations chez les particuliers, et certaines régions proposent des subventions complémentaires.
Le retour sur investissement se situe généralement entre 8 et 12 ans selon l’ensoleillement de votre région et votre profil de consommation.
Bon à savoir : L’électricité que vous produisez mais ne consommez pas en temps réel peut être revendue à EDF Obligation d’Achat (EDF OA), dans le cadre d’un contrat d’obligation d’achat. Le tarif de rachat est fixé par l’État et varie selon la puissance de l’installation et la date de raccordement.
17. Rejoindre ou créer une communauté d’énergie locale
L’autoconsommation collective est l’une des évolutions les plus intéressantes du paysage énergétique français, et pourtant l’une des moins connues du grand public. Elle permet à plusieurs foyers de partager la production d’une installation solaire commune, sans que chacun ait besoin d’avoir des panneaux sur son propre toit.
C’est une solution particulièrement adaptée aux habitants d’immeubles, de copropriétés ou de zones rurales où l’installation individuelle n’est pas envisageable.
L’autoconsommation collective est légalement encadrée en France depuis la loi du 24 février 2017, complétée par plusieurs décrets d’application. La répartition de l’énergie entre les participants est gérée automatiquement par Enedis via le compteur Linky, sans intervention manuelle. Chaque participant reçoit une facture réduite à hauteur de sa part de production consommée.
Si une installation d’autoconsommation collective existe déjà dans votre quartier ou votre immeuble, vous pouvez demander à y être intégré en contactant l’organisateur du projet ou votre syndic de copropriété. Le site France Rénov’ et les associations locales d’énergie renouvelable peuvent vous orienter vers les projets actifs dans votre commune.
Dans le cas où aucun projet n’existe près de chez vous, il est possible d’en initier un. La démarche implique de réunir plusieurs foyers ou entreprises intéressés, de faire installer une production solaire collective et de déposer une demande de raccordement en autoconsommation collective auprès d’Enedis. Des structures d’accompagnement comme les coopératives citoyennes d’énergie ou les associations locales peuvent vous aider à monter le dossier.