sac de courses alimentaire avec bocal argent et calculatrice

10 Astuces pour réduire votre budget courses alimentaires

L’alimentation représente en moyenne 25 à 30 % du budget mensuel d’un foyer français, soit entre 400 et 600 € par mois pour une famille de quatre personnes selon l’INSEE. C’est le deuxième poste de dépenses après le logement. D’ailleurs, depuis 2021, les prix alimentaires en France ont lourdement augmenté pour la quasi totalité des denrées.

Une hausse historique qui a durablement alourdi le budget courses de millions de foyers. Face à cette inflation, beaucoup ont le sentiment de n’avoir aucune marge de manœuvre.

Toutefois, contrairement au loyer ou aux charges fixes, c’est l’un des rares postes sur lequel vous pouvez agir rapidement, sans attendre la fin d’un contrat ou une renégociation bancaire.

Pour moi, faire des économies sur ses courses, c’est avant tout une question d’habitudes.

C’est pourquoi nous allons voir ensemble dix astuces pour faire des économies sur les courses alimentaires. Certaines vous feront gagner quelques euros par semaine. D’autres peuvent alléger votre budget de plusieurs centaines d’euros sur l’année. Ce n’est pas rien.

1. Planifier vos repas à l’avance et faire une liste

femme ecrit sur un cahier

C’est l’astuce numéro un de toutes les personnes qui maîtrisent leur budget alimentaire et pour cause. Selon l’ADEME, un Français jette en moyenne 29 kg de nourriture par an, dont une grande partie aurait pu être évitée avec une meilleure organisation. En valeur, c’est environ 150 € par personne qui partent à la poubelle chaque année. Autant d’argent que vous pourriez garder dans votre poche.

Alors, une fois par semaine, idéalement la veille de vos courses, prenez 15 à 20 minutes pour planifier vos repas des 5 à 7 prochains jours. Notez ce que vous avez déjà dans vos placards et votre réfrigérateur, puis construisez vos menus autour de ces ingrédients avant d’acheter quoi que ce soit de nouveau. Cela vous évitera d’acheter en double et de laisser des aliments se perdre au fond du frigo.

Une fois vos menus établis, dressez une liste de courses précise et respectez la. Les études sur le comportement des consommateurs montrent qu’un acheteur sans liste dépense en moyenne 20 à 30 % de plus que prévu en magasin, principalement à cause des achats impulsifs.

La planification, c’est aussi l’occasion de cuisiner malin en intégrant des recettes qui utilisent les restes ou les légumes un peu fatigués. Quelques idées simples et économiques :

  • La soupe de légumes fânés : carottes molles, poireaux, courgettes oubliées… tout y passe, avec un bouillon cube et quelques pommes de terre.
  • Le gratin de restes : riz cuit, pâtes, légumes ou viande de la veille, nappés d’une béchamel maison. Rapide, nourrissant, zéro déchet.
  • Les galettes ou croquettes : purée restante, légumes cuits, un œuf et de la chapelure, vous obtenez une entrée ou un plat complet pour presque rien.
  • Le pain perdu : l’une des recettes anti-gaspi les plus anciennes de la cuisine française, parfaite pour le pain rassis qui allait finir à la poubelle.

Pour trouver des centaines de recettes anti-gaspi et économiques classées par ingrédients disponibles, le site Marmiton propose un moteur de recherche par ingrédients très pratique.

Le petit plus organisationnel : classez votre liste de courses par rayon (fruits et légumes, produits laitiers, épicerie, etc.). Vous irez plus vite, vous serez moins tenté de flâner dans des allées inutiles, et vous éviterez les oublis qui vous forcent à retourner au supermarché, autre source classique de dépenses non planifiées.

2. Acheter une volaille entière et la découper soi-même

Voilà une astuce qui fait peur à beaucoup de gens au premier abord et qui pourtant peut vous faire économiser 30 à 50 % sur votre budget volaille.

Pour faire simple, une volaille entière (poulet, dinde, pintade…) coûte systématiquement moins cher au kilo que ses morceaux vendus séparément. Pourquoi ? Parce que la découpe, le conditionnement et la mise en barquette sont des opérations effectuées par l’industriel ou le boucher et ce travail, vous le payez à chaque achat.

Une volaille = plusieurs repas

C’est là tout l’intérêt de la démarche, une seule volaille entière vous permet d’organiser 3 à 4 repas distincts pour une famille de 4 personnes.

Et la découpe, c’est compliqué ?

Honnêtement, non. Il faut un bon couteau, 10 minutes et un peu de pratique. Dès la deuxième ou troisième fois, le geste devient naturel. Il existe de nombreux tutoriels vidéo sur YouTube si vous souhaitez vous lancer pas à pas.

Bon à savoir : Avec les os et la carcasse, vous pouvez préparer un bouillon maison en les faisant mijoter 2 à 3 heures dans une grande casserole d’eau avec des légumes (carottes, oignons, céleri, poireaux). Vous aurez 2 à 3 litres de bouillon utilisable pour des soupes, des risottos, des sauces ou des cuissons de légumineuses, le tout pour un coût quasi nul.

3. Regarder les prix au kilo ou au litre

etagere de magasin avec fruits et legumes

En France, l’affichage du prix au kilo ou au litre est une obligation légale pour tous les produits alimentaires vendus en grande surface. Ce prix unitaire de référence figure généralement en petits caractères sur l’étiquette de rayon, juste en dessous du prix de vente.

Le prix au kilo ou au litre est le seul indicateur qui vous permet de comparer des produits à égalité, peu importe le format, le conditionnement ou la mise en scène marketing. Ce réflexe s’applique dans de nombreuses situations, comme comparer grand format contre petit format, marque nationale contre marque distributeur, produit en promotion contre produit classique.

Dans chaque cas, le prix au kilo tranche objectivement là où le prix affiché en façade peut induire en erreur.

4. Comparer vrac, produits emballés et surgelés

Quand vous cherchez à réduire votre facture alimentaire, vous pensez souvent à acheter moins, alors qu’il suffit parfois d’acheter autrement. Le format dans lequel vous achetez un produit a un impact direct sur son prix, sa durée de vie et le gaspillage qu’il génère.

Par exemple, acheter en vrac permet de ne payer que ce dont vous avez besoin, sans surpayer l’emballage ni être contraint par des formats imposés. Pour les légumineuses, les céréales, les fruits secs ou les épices, le vrac est souvent moins cher au kilo que son équivalent conditionné en sachet.

Il réduit également le gaspillage, puisque vous achetez exactement la quantité prévue. Cependant, le vrac n’est pas disponible partout malheureusement. On le trouve surtout en magasins bio, en épiceries indépendantes ou dans certaines enseignes bien équipées, rarement dans les petits supermarchés de proximité.

Les produits conditionnés restent la norme dans la grande distribution, et ils ne sont pas forcément désavantageux. Acheter un grand format d’huile, de farine ou de pâtes revient souvent moins cher au kilo qu’un format standard, c’est le principe de l’économie d’échelle.

Le piège, en revanche, c’est d’acheter en grande quantité un produit que vous n’utiliserez pas entièrement avant sa date limite. Un grand format non consommé coûte plus cher qu’un petit format utilisé en totalité.

Enfin, les surgelés, notamment les légumes, sont l’une des meilleures options économiques qui existent. Ils sont récoltés à maturité et congelés rapidement, ce qui préserve leurs qualités nutritionnelles, parfois mieux que des légumes frais ayant voyagé plusieurs jours. Leur prix au kilo est généralement bien inférieur à celui des légumes frais hors saison et leur durée de conservation élimine presque tout risque de gaspillage.

La seule contrainte réelle est d’ordre pratique. En effet, il faut disposer d’un congélateur suffisamment grand pour en stocker des quantités utiles.

5. Profiter des programmes de fidélité, cashback et coupons

La plupart des Français laissent chaque année plusieurs dizaines d’euros sur la table simplement parce qu’ils n’utilisent pas (ou mal) les outils de réduction qui sont pourtant à leur disposition gratuitement. Cartes de fidélité, applications de cashback, coupons de réduction et paniers anti-gaspi peuvent, une fois combinés intelligemment, générer de belles économies régulières sur votre budget courses.

En réalité, presque toutes les grandes enseignes françaises proposent une carte de fidélité gratuite : Leclerc, Carrefour, Intermarché, Monoprix… Ces programmes offrent des remises automatiques, des points cumulables ou des bons d’achat périodiques. Il faut les utiliser systématiquement et ne pas laisser les points expirer sans les convertir.

Également, le cashback peut être une solution supplémentaire. Il consiste à récupérer un pourcentage du prix d’un produit après achat, directement sur votre compte. Des applications comme Shopmium ou Coupon Network proposent chaque semaine des offres sur des produits du quotidien disponibles en supermarché.

Il vous suffit d’acheter le produit, vous scannez votre ticket de caisse, et vous êtes remboursé. J’ai d’ailleurs consacré un article complet à ce sujet si vous souhaitez aller plus loin : Cashback : 8 Meilleures applications de remboursement de courses.

Pour rester dans les applications, je vous recommande de passer aussi par l’application Too Good To Go. Cela vous permet de récupérer des invendus de la journée chez des commerçants, boulangeries, restaurants ou supermarchés sous forme de paniers surprises, vendus 2 à 3 fois moins cher que leur valeur réelle.

Ce n’est pas du cashback à proprement parler, mais c’est une excellente façon de compléter ses courses à moindre coût tout en luttant contre le gaspillage alimentaire.

6. Acheter certains produits dans les magasins anti-gaspillage

panier avec légumes et pain

En France, près d’un tiers de la nourriture produite est gaspillée avant même d’arriver dans votre assiette et une partie de ce gaspillage se produit au niveau de la distribution, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la qualité des produits. Un emballage abîmé, un fruit ou légume « moche », une date limite qui approche, un lot déclassé pour des raisons esthétiques.

Bref, autant de produits parfaitement consommables qui se retrouvent écartés des rayons classiques.

C’est pourquoi les magasins anti-gaspillage rachètent les produits écartés par les grandes surfaces, les industriels ou les grossistes, et les revendent à des prix sensiblement réduits, généralement 30 à 50 % moins cher que le tarif habituel.

Pas d’inquiétude sur la qualité, les produits sont contrôlés, consommables et la plupart du temps identiques à ce que vous trouveriez dans un supermarché classique. La seule différence, c’est le prix.

Le secteur s’est bien développé ces dernières années et plusieurs acteurs se sont imposés. Nous Anti-Gaspi est un site internet qui propose des produits anti-gaspillage livrés directement chez vous, ce qui le rend accessible même si vous n’habitez pas près d’un magasin physique.

Il en existe d’autres bien sûr mais tout dépend de votre localisation alors je vous invite à rechercher les enseignes physiques de déstockages proches de chez-vous. Sinon, certaines grandes surfaces proposent désormais leurs propres rayons anti-gaspi en magasin, repérables à leurs étiquettes jaunes ou orangées.

7. Acheter les produits de saison

Une logique que nos grands-parents appliquaient naturellement et qui reste aujourd’hui l’une des meilleures façons de manger frais, bon et pas cher. En effet, le prix d’un fruit ou d’un légume est directement lié à son cycle de production. Quand un produit est en pleine saison, l’offre est abondante, les coûts de transport sont réduits et les prix chutent mécaniquement.

Tout dépend du produit évidemment, mais l’écart de prix peut être important.

Les tomates, par exemple, peuvent coûter deux à trois fois plus cher hors saison qu’en plein été. Les fraises achetées en avril-mai en France métropolitaine sont bien moins chères qu’en décembre, où elles sont quasi exclusivement importées d’Espagne ou du Maroc.

Les poireaux, les carottes, les pommes de terre et les choux sont des valeurs sûres de l’automne et de l’hiver, abondants, peu coûteux et très polyvalents en cuisine. Au printemps, les asperges, les petits pois et les radis prennent le relais à des prix bien plus accessibles qu’en dehors de leur saison naturelle.

Si vous ne savez pas toujours ce qui est de saison, il existe des calendriers saisonniers gratuits disponibles en ligne ou à imprimer pour ne plus jamais vous poser la question.

Enfin, pour maximiser les économies sur les produits de saison, les marchés locaux sont souvent imbattables, surtout en fin de marché quand les producteurs soldent leurs invendus.

8. Cuisiner en batch et congeler

tupperware avec nourriture

Le batch cooking (ou cuisine en lot en bon français) consiste à préparer plusieurs repas en une seule session de cuisine, généralement le week-end, pour avoir des plats prêts à consommer toute la semaine. C’est une habitude qui fait gagner du temps, réduit le gaspillage et surtout, diminue la tentation de commander à l’extérieur quand on rentre fatigué le soir et que le frigo semble vide.

Bien sûr, cuisiner en grande quantité est naturellement plus économique. Vous pouvez profiter des achats en grand format ou des promotions sans risquer de ne pas tout consommer à temps. Une grande cocotte de soupe, un plat de lasagnes familial ou un curry de légumes préparé pour six personnes coûte proportionnellement bien moins cher à l’assiette qu’un repas préparé pour deux à la dernière minute.

De plus, un bon nombre de plats supportent très bien la congélation. Les soupes et veloutés se congèlent idéalement en portions individuelles dans des sacs ou des boîtes hermétiques. Également, les plats mijotés comme le bœuf bourguignon, la blanquette, le chili con carne ou les currys gagnent même en saveur après congélation.

Personnellement je congèle surtout les sauces tomates maison, les bolognaises et les bouillons qui se conservent parfaitement et servent de base rapide pour de nombreux repas.

À titre indicatif, les plats cuisinés se conservent généralement 2 à 3 mois au congélateur sans perte de qualité notable. Les viandes crues tiennent entre 3 et 6 mois selon le type, et les légumes blanchis jusqu’à 12 mois. L’essentiel est de bien étiqueter chaque contenant avec la date de congélation et le contenu. Notamment pour éviter de découvrir des mystères glacés au fond de votre congélateur plusieurs mois plus tard.

9. Ne pas oublier vos sacs réutilisables

Depuis l’interdiction des sacs plastiques à usage unique en France en 2017, les supermarchés proposent des alternatives payantes comme des sacs en plastique épais, en papier ou isothermes vendus entre 0,10 € et 1 € l’unité selon le modèle.

Ce montant semble dérisoire à l’unité mais si vous faites vos courses deux fois par semaine et achetez en moyenne un sac à chaque visite, vous dépensez entre 10 et 50 € par an uniquement en sacs. Sur cinq ans, c’est potentiellement 250 € partis en fumée pour quelque chose qu’il suffit de glisser dans votre manteau ou votre voiture une bonne fois pour toutes.

Un lot de sacs réutilisables en toile ou en coton s’achète pour quelques euros et dure des années. Certains se plient en une pochette compacte tenant dans une poche. D’autres sont assez solides pour porter des courses lourdes sans risque de déchirure.

En termes de retour sur investissement, c’est l’un des meilleurs achats que vous puissiez faire.

10. Payer vos courses uniquement en cash

main donne argent a une autre personne

À l’heure où le paiement sans contact est devenu le réflexe dominant, ressortir les billets peut sembler anachronique.

Pourtant, des chercheurs de l’Université Cornell ont démontré dans une étude publiée dans le Journal of Consumer Research que les consommateurs qui paient en espèces achètent en moyenne 20 % moins que ceux qui paient par carte, toutes choses égales par ailleurs.

L’explication est d’ordre neurologique, car voir et sentir physiquement les billets quitter vos mains crée une prise de conscience que le paiement dématérialisé neutralise complètement.

Alors, avant de faire vos courses, estimez votre budget pour la semaine, retirez la somme correspondante en liquide, et n’emportez que ce montant avec vous en magasin. Quand l’argent est épuisé, les courses sont terminées.

Certains préfèrent également utiliser du liquide pour limiter leur dépenses dans d’autres domaines en appliquant la méthode des enveloppes. Pour aller plus loin, je vous invite à y jeter un œil : Méthode des enveloppes : Guide complet pour gérer votre budget.

Ce qu’il faut retenir

Faire des économies sur son alimentation ne signifie pas manger moins bien ou se priver. Cela signifie consommer plus intelligemment. Les 10 astuces présentées dans cet article en sont la preuve.

Évidemment, ce qui fait la puissance de ces astuces, c’est leur effet cumulatif. Appliquées ensemble et régulièrement, elles peuvent représenter plusieurs centaines d’euros d’économies par an sur votre budget alimentaire sans sacrifier la qualité, le plaisir de manger ou le temps passé en cuisine.

Alors maintenant, c’est à vous de jouer. Commencez par appliquer quelques techniques, puis ajoutez en progressivement.

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